Le carnet à l’envers

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Pour qui me connait très bien, c’est-à-dire qui est déjà venu chez moi ou me fréquente au quotidien, je suis le genre de personne à aimer faire des listes. Non pas par haute organisation et contrôle de toute situation (mon moi intérieur vient de s’étouffer), mais au contraire, parce que je suis disons, éparpillée : toujours 3 idées à la fois, des livres à lire par-ci par-là, des idées de sortie, des piges qui se cumulent, des tâches ménagères aussi (ma grosse passion (humhum)). Faire des listes me permet alors de mettre par écrit, noir sur blanc, ce qui se bat un peu dans ma tête, d’en extraire les priorités, de canaliser tout ce bazar. De me faire envie aussi, en listant ce qu’il y a encore au menu de ma journée, de ma semaine…

Et puis, j’avoue, j’aime le côté écrit. J’ai d’ailleurs tenté de passer aux listes gérées via une appli, (ce qui était très pratique puisque, telle une mère d’ado, mon smartphone se chargeait de sonner pour me rappeler ce que j’avais à faire). Mais ça ne me convient pas. J’aime écrire, tracer mes envies et mes besoins, rayer, raturer, dessiner à côté. J’aime aussi retomber parfois sur des vestiges d’anciennes listes pour voir ce que j’avais en tête à ce moment, voir que j’ai évolué, ou pas du tout. J’ai donc une multitude de carnets.

Le problème dans tout cela, (car oui, tout n’est pas rose, bon sang!) c’est que les listes peuvent aussi avoir l’effet inverse de celui attendu. A savoir, celui de lister tout ce que vous voulez faire… pour finir par déprimer en regardant tout ce que vous n’avez pas pu faire. En l’occurrence, j’ai toujours de grandes ambitions en notant 18 choses, alors que soyons lucides, entre le moment où je dépose les lardons à l’école et la crèche, l’heure où ils sortent et les différents imprévus qui peuvent jalonner ma journée, il est déjà bien que je puisse prendre ma douche, manger et passer un coup de fil. Donc se lancer dans l’aquarelle ou s’entraîner pour un éventuel marathon est une douce utopie.

J’ai donc pris l’habitude depuis peu de noter non pas ce que je projette de débuter, mais ce que j’ai fait de mon temps. Oh, rien d’exceptionnel, bien au contraire. Tout est dans le plaisir des choses qu’on ne voit plus trop : boire son café au soleil, être tombée sur un documentaire génial (alors qu’on cherchait un énième Stéphane Plazza), avoir appris a mon fils à demander 2 baguettes à la boulangère, avoir terminé un article qui gambadait dans ma tête depuis un moment… Bref, pas de règles, juste des traces de ce qui fait de ma journée un temps qui valait le coup d’être vécu. Même si je n’ai pas fait ma séance d’abdo ni écrit encore mon premier roman.

Et ça fait un sacré bien.

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