La vraie vie de freelance #1

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Jouant sur son clavier, le regard dans le vague, elle cherchait le bon mot pour mettre fin à son article. Une note interrogative, ou humoristique peut-être, qui donnerait la saveur finale à la lecture de son texte…. Quand soudain, elle se rappela qui lui fallait faire une lessive, et sa fille, à la maison pour cause d’impétigo contagieux, l’appela du bout du couloir car elle avait renversé sa gourde de compote sur son chemisier (et un peu sur le sol, causant un effet « collant » instantané).

Si vous vous reconnaissez dans ce texte, peut-être êtes vous, vous aussi, freelance ou en télétravail… En tout cas bien loin des clichés à la Carry Bradshaw. Qui je le rappelle, dans les 90’s, passait son temps à manger des brunchs entre copines, avant de trouver le sujet de sa chronique pour un magazine féminin, qui payait bien (du moins assez pour avoir un dressing rempli). Chronique qu’elle tapotait tranquillou en culotte depuis son lit en attendant son amant.
A toutes les personnes qui pensent donc que bosser freelance est une fonction pépère, ou au contraire trop cool, j’ai envie de dire « viens donc, qu’on rigole ».
Pour ma part, devenir rédactrice freelance n’a pas été un choix dès le départ.  Plutôt un cheminement. J’étais journaliste en presse écrite, mais pour des raisons pros (le manque de contrats en cdi) et persos (un mari qui doit changer de ville selon son contrat + des enfants en bas âge), j’ai commencé à écrire pour des agences qui se fichaient que je sois près d’elles ou non (tant que j’envoyais mon article à temps) et des sites web qui cherchaient de nouvelles plumes. Je vous l’accorde, l’idée me séduisait aussi un peu : pas de boss, si ce n’est moi-même, pas de cadre routinier, ou de collègues relous, la possibilité de dire « Ouais, j’écris pour vivre » (sans pour autant dire que ça peut-être pour le salon de BTP). Sauf que mon quotidien est loin d’être un long fleuve tranquille. Et ne ressemble pas aux fantasmes qu’on peut avoir dessus.

Les avantages :

  • Ni dieu ni maître. Bon, en fait, c’est un peu plus nuancé : vous n’avez, c’est vrai, pas un boss, mais plusieurs employeurs. Mais vous avez des comptes à rendre, des échéances à tenir… Si vous voulez durer. En revanche, le rapport est pour moi assez agréable, plus de collaborateurs, ou de prestataires, que hiérarchique. Ce qui me va pas mal (puisque sous mes airs de fille sage, je n’aime pas trop l’autorité). J’aime bien l’entente que ce statut procure.
  • Une organisation personnelle. J’alterne souvent entre plusieurs missions. ça demande pas mal de discipline (terrain sur lequel je dois encore m’améliorer), mais je ne m’ennuie jamais. Quand je sature, je passe à autre chose. Je compose ma journée, en quelque sorte, je la décide, et la gère.
  • La possibilité de rester en pyj’ (occasionnellement, hein) Certes, ça ne fait pas avancer l’idée d’une personne active, et pour ma part, je me charge d’être habillée et prête au lever de mes enfants, histoire de garder une dynamique (important pour ne pas finir a 11h, en pensant que vous venez de vous lever). Mais en effet, travailler chez soi permet des petits extras sympatoches comme boire autant de cafés caramel qu’on veut, déambuler le cheveu en vrac, faire une pause avec son bouquin et écrire en pyj’ si je veux (qui le saura… ah mer… vous maintenant).
  • Le confort et les économies : bien oui c’est mathématique : mis à part le café que j’achète en gros, je n’ai pas de trajet à faire, pas de forfait en plus, de location etc… sur une année ça joue.

ça vous semble idyllique? Attendez de lire la suite.

Les inconvénients :

  • Des revenus parfois(toujours) incertains. Un thème sur lequel je ne vais pas trop m’étendre, car il mérite un billet entier, sur l’organisation, la gestion etc.des revenus. M’enfin sachez que si vous souffrez de phobie administrative, il vous sera difficile d’être freelance. La relance, la paperasse, la gestion de son budget et de ses paiements (qui ne tombent jamais au bon moment) est un vrai sport de compétition. Celui qui fait dire « non la j’en ai marre, j’arrête ». Sauf que si vous arrêtez, vous n’êtes pas payée.
  • Du temps, beaucoup de temps… en moins. Riez, vous qui bénéficiez des 35 heures. Vous qui voyez aussi la freelance comme une personne qui « est à la maison, elle a du temps ». En fait le contraire est plutôt de mise : ce qui compte étant l’échéance, vous serez souvent là à profiter de quelques heures le soir, ou le matin c’est selon, pour terminer un projet. Personne ne vous dit quand arrêter, par contre il est fréquent qu’on vous demande de rajouter quelque chose « pour aujourd’hui c’est possible? ». Ainsi que devoir trouver des astuces pour honorer quand même cette sortie avec choubidou chéri ou vos enfants (tant pis, je finirai ça entre 23h et 1h quand tout le monde ronflera).
  • Des gens qui ne comprennent pas votre rythme. Et voilà sur la plus haute marche du podium notre troisième et sans doute plus bel inconvénient du jour : l’incompréhension de l’entourage. Et pas par manque d’intelligence, ou de cœur. Mais le simple fait d’être à la maison signifie pour beaucoup, être disponible. Pire : avoir un hobby plutôt qu’un travail (comme on ferait de la peinture, ou de la broderie). Alors le ou la freelance doit souvent se justifier (surtout si c’est une femme d’ailleurs), auprès de ses enfants, de sa famille, de ses amis… « Non je ne suis pas forcément dispo là pour papoter, ce sont mes heures de boulot en fait (oui même au milieu de mon salon) ». « Non, je ne peux pas forcément aller faire des courses pour le repas de ce soir chéri », « ni me lancer dans le ménage… oui, même si je suis à proximité de l’aspirateur…et que ça me prendrait 10 minutes ». » Oui, notre fils a un peu de fièvre ce matin, mais peut être pourrais-tu prendre une demi-journée pour rester avec lui? » (ça n’y comptez pas!).

Vous l’aurez compris, si le boulot est cool, il n’a rien d’une planque : mieux vaut savoir où l’on met les pieds. En revanche, le sentiment de liberté qu’il procure me fait dire que je vais garder ce statut quelque temps. Et puis on verra bien où le vent me mène… (projets inside mon petit cerveau…)

 

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3 réflexions sur “La vraie vie de freelance #1

  1. Merci pour ce billet si juste !
    Je me reconnais tellement…Je suis d’accord avec toi sur tous les points voire je serais un poil plus pessimiste sur certains…
    Bien que je n’échangerais mon statut actuel pour rien au monde, je souffre parfois de l’incompréhension de mon entourage ou du regard porté sur mon métier d’écrivain public/ rédactrice freelance !

    Le mieux du pire, c’est quand on me demande ce que je fais dans la vie…Pour résumer la situation je réponds :
    – En gros, j’écris.
    – Non, mais je veux dire, en métier tu fais quoi ??
    Là, j’aurais bien envie de leur faire bouffer mon stylo !!

    Merci encore pour cet article et belle continuation à toi !

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    1. Merci. Et oui, c’est parfois épuisant, surtout quand tu donnes beaucoup de ta personne, de ton temps dans tes projets pour avoir un salaire qui ressemble à quelque chose. Mais c’est un peu une généralité dès qu’on touche à des domaines qui sortent du cadre. Mon frère est musicien, il a fallu des années de pratique, de cours, de concerts, avant qu’on arrête de lui demander ce qu’était, en vrai, son travail. Haut les cœurs!

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    2. Merci. Et oui, c’est parfois épuisant, surtout quand tu donnes beaucoup de ta personne, de ton temps dans tes projets pour avoir un salaire qui ressemble à quelque chose. Mais c’est un peu une généralité dès qu’on touche à des domaines qui sortent du cadre. Mon frère est musicien, il a fallu des années de pratique, de cours, de concerts, avant qu’on arrête de lui demander ce qu’était, en vrai, son travail. Haut les cœurs!

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