« Jusqu’à la garde », un film qui ne laisse pas indemne

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(Article sans spoilers dedans, tu peux y aller)

Il y a dans la vie des œuvres, des moments, des découvertes qu’on ne peut garder pour soi. Mon dernier film vu en salle en fait partie.

Dimanche, j’ai profité d’un moment relativement statique à la maison (À savoir mon mari, des amis, qui attendaient le match de rugby France-Ecosse, des enfants à la sieste… Perfect timing bonjour!) pour m’éclipser vers le cinéma le plus proche. Un moment volé qui n’arrive plus si souvent.

Au programme, « Jusqu’à la garde » un film de Xavier Legrand, dont j’avais entendu de bonnes critiques, notamment sur France Inter. Une histoire forcément difficile, de garde d’enfants, de violences quotidiennes, (bref, de la joie en barre) de situations qu’on peut connaître, sans le savoir, croiser en bas de chez nous. Mais si j’aime beaucoup les livres et le cinéma pour m’évader, je les aime aussi pour provoquer des émotions quelles qu’elles soient, chez moi. J’ai été servie.

Happée dès les premières minutes.

Le sujet

L’histoire est, au départ, tristement banale : un jugement, froid, de garde d’enfants au sein d’un couple divorcé. En jeu, un garçon de 11 ans. La mère, Miriam (Léa Drucker), souhaite la garde exclusive de son fils, pour le protéger, prétend-elle, d’un père violent. Le père, Antoine, (Denis Ménochet) un homme imposant et meurtri, réfute, veut construire un lien avec son fils. Au milieu, on apprend que le fils ne veut plus voir son père, mais plus du tout. Et c’est là que tout se joue, puisque la juge prend une décision sur une entrevue de 15 mn avec les parents et leurs avocats. L’enfant verra son père un we sur deux, pour être juste. Sans véritable preuve de violence, peut-on vraiment savoir si le père est dangereux ? Ou si la mère a influencé ses enfants ? S’en suivent des séquences en plans serrés d’un père qui n’est pas le bienvenu, venu chercher son fils pour passer du temps avec lui, une mère qui s’efface, un enfant qui ment pour éviter les problèmes. Peu à peu, la tragédie familiale se meut en un thriller subtil et terriblement angoissant. Car peu à peu, on devine ce qui se passe, on se pose une question, puis on ne s’en pose plus du tout. Le puzzle se dessine devant nos yeux de spectateurs médusés. Et on ne sait pas jusqu’où cette situation peut aller. Ou du moins, on en a peur.

ce que j’ai aimé

Avant tout, je suis tout simplement sidérée par le travail si juste des 3 personnages principaux. La mère, Léa Drucker blême, quasi-éteinte qui ne peut pas maîtriser dans les ondes de choc de son divorce. Le père, une armoire à glace, qui semble dès le départ contenir tant de choses en lui, et dont on ne sait pas si on veut le réconforter ou fuir devant sa carrure.

Mais la palme revient sans aucun doute à l’enfant, joué par Thomas Gioria dont on voit la terreur, les évitements, le malaise dans chacun de ses regards, de ses pleurs. Il sait ce qui peut arriver. Et je ne sais toujours pas comment un enfant peut « jouer » ça.

Par-dessus tout, j’ai également été scotchée par la maîtrise du réalisateur (même si je ne suis pas une pro du métier, juste une spectatrice). Chaque plan, chaque séquence, avec trois fois rien, nous enfonce un peu plus dans la violence d’une séparation difficile, dans la violence qui peut surgir envers un enfant, envers un parent. La violence, voilà ce qui s’impose à nous. Et nul besoin de beaucoup de dialogue pour cela. Xavier Legrand joue avec nos nerfs, multiplie les scènes simples, mais oppressantes, jusqu’à un final où la tension est à son comble (la mienne l’était), dans lequel chaque bruit et chaque silence ont leur importance. (Pendant que toi tu retiens le moindre de tes souffles)

Je ne suis pas sûre de vouloir revoir ce film : Je suis sortie avec le coeur battant à 100 à l’heure, et un léger mal de crâne. Mais bon sang, quelle bombe.

Un coup de maître.

En salle depuis le 7 février 2018

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Nouvelle année, nouvelles envies?

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Je vous l’accorde, écrire un post sur la bonne année passé le 20 janvier, c’est un peu du réchauffé (ou de la grosse flemme hm hm), mais au final, « who cares »? C’est sans doute le temps qu’il m’a fallu pour me délester des dernières étreintes de 2017… Ça et le fait que certains événements inattendus ont remis à quelques jours plus tard le côté perso des résolutions. (Virus, mon ami, veux-tu bien me lâcher?)

Mais, c’est mon petit truc à moi, j’adore les résolutions ! Et une fois de plus, je me plie un peu à cette tradition. Soyons honnête, je ne me fais pas beaucoup d’idées dessus, et je n’espère pas naïvement me transformer en coureuse de marathon  en 30 jours, perdre 10 kg sur un claquement de doigts ou devenir un auteur (autrice?) à succès dans l’année. Mais voilà, j’aime bien cette idée, celle de faire le point, de remettre à plat les choses qu’on aime, ou dont on ne veut plus, de dépoussiérer ses aspirations… Ça ne dure peut-être pas, mais ça fait du bien, toujours, de s’imaginer en version édulcorée. Surtout que, oui, améliorer son quotidien est toujours possible. (Le coach qui sommeille en moi vient de parler.)

Au final, je pense n’avoir qu’une seule résolution « faisable » cette année (non, c’est faux, je mens, j’ai un plein carnet rempli d’envies, toutes plus folles que les autres, dont je tairai les intulés) :

Vivre plus slow.

Ce qui veut dire? Que je suis comme chacune de nous, de vous, j’essaie sans cesse de mener de front plusieurs actions, d’être une femme, une bosseuse, une mère, une copine, une fille, une épouse, une artiste (à mes heures). Et qu’au final, je m’éparpille. Un peu comme si j’étais en train d’essayer sans cesse de grimper sur un manège en marche, sans me casser la margoulette. Haute voltige. Pas efficace.

Et si je ralentissais? Si j’arrêtais de courir, et que je prenais une chose à la fois, une action à la fois, un désir à la fois ? Ne serais-je pas plus efficace? Ne serais-je pas plus impliquée, et finalement, n’apprécierais-je pas plus les choses du quotidien ?

je crois bien que si. Alors voilà.

Et vous? Quelle résolution vous anime ce début d’année?

 

 

 

Je ne suis pas Marie Kondo (et c’est tant mieux!)

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Dans mon for intérieur, je crois que je rêve d’un lieu de vie épuré, dénué de complications, de lourdeurs, aussi léger qu’un salon made in La Redoute Intérieur. Je m’y poserais comme une plume, sans rien déranger.

Dans la réalité, des piles de magazines et de livres jonchent le sol à coté de mon lit et celui de mon salon, des jouets débordent des sacs, pourtant « fourre-tout », dont j’ai équipé les chambres des enfants (et le salon, décidément), notre cuisine « vit » (pour ne pas dire qu’elle est en bordel), et nos placards ont du mal à contenir tous nos vêtements. Et puis, pour un résultat minimaliste, il faudrait passer sa vie à ranger, j’ai toujours pensé que j’avais mieux à faire. (Petite précision, afin de ne pas passer non plus pour une souillon de base, nous parlons ici de désordre, pas d’hygiène, avec laquelle je suis intraitable).

J’ai donc, il y a quelque temps, mis la main sur le saint Graal en termes de minimalisme, « La magie du rangement » d’une certaine Marie Kondo, dont tous les blogs et webzines faisaient l’éloge. Cette Japonaise détient, il semblerait, la méthode infaillible pour changer sa vie, à coup de tri et de grands rangements organisés.  A croire qu’acquérir un livre de plus (je ne suis plus à ça près) allait faire surgir un vent de fraîcheur dans toute ma maisonnée et nous permettre de vivre dans la simplicité la plus totale, loin du superflu.

Comment vous dire que j’ai été quelque peu déçue. Enfin pas totalement, disons à 70%. Comme d’habitude, je trouve dans ce genre de bouquin des choses bonnes à prendre, et dont je peux m’inspirer, et d’autres assez éloignées du réel (à moins de vivre seule, dans 200 m², et de ne rien faire de la journée). Il faut dire que Marie et moi, nous n’étions pas sur la même longueur d’onde  : quand je découvrais sans doutes les joies de la pâte à sel, Marie elle, prenait un plaisir malicieux à trier les chaussettes, et réorganiser les placards de toute sa famille. Déjà, nous n’étions pas faites pour être amies.

Marie, ou la fibre du tri

Le gros point positif de ce livre que je retiens, donc (commençons par le plus agréable, voulez-vous) c’est que Marie Kondo prétend que nous allons mieux si nous gardons seulement les affaires qui nous mettent en joie (oui, n’ayons pas peur des mots!). « Ah une râpe à fromage! ça signifie que je vais acheter du fromage! J’aime, je garde! »

Trêve de plaisanterie, il est vrai que garder des vêtements qui nous donnent l’impression d’être un vieux gigot par exemple, n’aide pas à se sentir bien. One point, Marie! L’astuce consiste donc prendre en main chacune de ses affaires, observer ce que l’on ressent à propos de cet objet (« oh toi, chaussette à pois, m’apportes-tu de la joie? Oui tu me portes chaud pendant les nuits d’hiver ») et ne garder que ce qui est en phase avec votre état d’esprit. Ouste ! Les vieilles fringues qui ne vous correspondent plus, les livres que vous ne lirez plus, cette yaourtière que vous n’utilisez jamais! Et si c’est un peu extrême, (« Un ciné ça te dit ce soir? » « Non désolée j’ai encore 35 objets à ressentir »(ça prend du temps)) j’avoue que l’idée de n’avoir que des pièces que j’adore, des bouquins passionnants, de la déco à mon goût, l’essentiel en soit, est plaisante.

De plus, même si je ne suis pas une grande fan du ménage, je reconnais que le fouillis ne favorise pas les idées claires, et que lorsque l’horizon (de la journée) semble un peu bouché, il est quand même agréable de trouver une chambre dégagée, une entrée spacieuse, bref de quoi circuler, sans trébucher sur un cartable. Pour ces deux raisons,  je me suis mise au tri (un peu poussée par mon récent emménagement aussi. ) On n’est pas bien là? Allégées des vieux bibelots? Et bien, si. Au tri, donc, je dis oui.

Mais Marie a un petit souci

Par contre, Marie est selon moi assez « jetée » (disons qu’elle a peut-être fait le ménage, mais il reste clairement une araignée au plafond). Et c’est ce point là qui m’a déstabilisée.

Déjà, parce que madame, sous peine de trier ses placards, ne parle que de jeter. Oui oui, du genre « ne nous encombrons pas, jetons à tout va, aucun souci! ». Pardon, mais à l’heure où nous essayons de consommer raisonnablement, d’allonger la durée de vie des objets, de faire vivre l’économie de partage, ça me semble complètement con.  (Mais accordons à Marie qu’elle ne connaît peut-être pas Le Bon Coin). Jetons, polluons, du moment que nos salons laissent passer la lumière! Donner? Vous n’y pensez pas, voilà la meilleure façon d’encombrer une amie/soeur/voisin. Personnellement, l’idée même de jeter aux ordures des choses en bon état qui peuvent dépanner d’autres personnes me gêne beaucoup.

De deux, et sans doute la partie qui m’a laissée la plus perplexe, Marie a une façon bien spéciale de traiter ses objets (enfin, ceux qu’elle garde). Car oui, selon elle, il faut parler aux objets, les traiter avec douceur, leur trouver une place pour la fin de journée…. Et non, ce n’est pas une façon de parler. Il faudrait donc sortir de son sac a main, son portefeuille, son stylo,  son carnet, les ranger chacun dans un endroit dédié pour qu’ils se reposent jusqu’au lendemain. Idem avec ses sous-vêtements, ses foulards, ses carnets, ses courses… Il y a une histoire de chaussettes qu’il ne faut surtout pas mettre en boule, de peur de les contrarier…

Alors pardon, mais non. J’ai personnellement une vie bien remplie, deux enfants, un boulot freelance qui ne connaît pas d’horaires, des amis et de la famille à qui j’ai envie de parler, ou de voir, des tâches ménagères inclues forcément dans le package, et, s’il me reste un peu de temps, l’envie irrépressible de pouvoir me vautrer dans un canapé en fin de journée pour lire, bavarder ou regarder un bon film.

Je crois que la magie du rangement attendra. La mienne se trouve au final dans une maison harmonieuse, mais remplie d’un joyeux bordel.

Et la bienveillance, bordel

meditationJe sais ce que vous allez me dire : vous en avez marre de la bienveillance prônée dans tous les livres de développement personnel, les magazines de psychologie, les ouvrages sur la parentalité. Tant de bienveillance, partout, tout le temps, c’est à croire qu’on souhaite un monde où tous ensemble on se brosserait les cheveux de concert, se couverait du regard, se dirait des gentillesses (« c’est toi la plus sympa », « non c’est toi! ») et se jetterait des paillettes en guise de bonjour. Alors qu’on le sait, le monde est bien plus cru(el) que cela.

Et pourtant, un peu plus de bienveillance dans notre quotidien, ça ne ferait pas de mal. (il n’y a qu’à lire les commentaires sous la plupart des articles de presse en ligne)

Je m’en suis fait la réflexion hier, devant mon mur Facebook. Une maman livrait un témoignage assez violent (oui pardon, mais j’aime beaucoup lire la vie des autres, c’est un peu comme regarder parfois Confessions Intimes, ça rassure sur sa propre vie).

Elle racontait, furieuse et choquée, qu’elle s’était trouvée dans un centre commercial avec sa fille de 3 ans qui avait trouvé l’occasion excellente de taper un caprice en plein public (bien joué gamine). Panique, consolation, énervement, rien n’y faisait… Et là, une autre femme, sans doute parfaite, avait surgi de nulle part lui fonçant dessus pour lui dire qu’à son époque on savait tenir les enfants, qu’on ne les laissait pas faire de caprice et qu’en gros son éducation était un échec.

Mais… de… quoi ?

Qui sont ces gens qui se permettent de juger, sans savoir (Journée difficile? Mauvaise nuit de la petite? Que savait-elle?) A quoi servent ces pseudos conseils à la noix ? Et-ce qu’elle pensait vraiment aider cette maman qui vivait un mauvais moment en disant cela ? (« Ah bon? Je devrais l’empêcher de faire un caprice? Riche idée, je m’y mets tout de suite »)

Si cette dame avait un chouïa de bienveillance, et pas seulement une bonne éducation (éducation qui empêchait ses enfants de faire des caprices, peut-être, mais qui par contre ne l’empêchait pas de dire des horreurs à une parfaite inconnue… comme quoi…), elle aurait dû savoir que stresser encore plus une mère qui perd pied à un moment est la meilleure solution pour envenimer la situation. Que se sentir dépassée est déjà une chose, se sentir jugée est pire. Qu’une mère qui se sent comme une grosse « nullasse » en plus sera d’autant moins capable de gérer une situation.

Bref, en tant que mère qui n’assure pas forcément dans toutes les situations (oui j’essaie, je donne mon max, mais parfois je cours après mon enfant en criant disant « ça suffit si à trois tu n’es pas là, attention ! » (Signe que la situation est déjà en train de m’échapper), je rêve parfois d’une société, ou oui, en cas de problème, une personne s’approche et me fasse un signe, que non ce n’est pas si grave, que si, je peux y arriver, et qu’elle est elle-même passée par là. Bref, qu’une personne bienveillante surgisse elle aussi, mais avec de bonnes intentions et pas des critiques inutiles. J’espère que je ne rêve pas trop.

Allez, sur ce, cœur avec les doigts, je vous souhaite un excellent week-end.

Il était un 4 septembre

Il y a ce réveil qui sonne, qui semblait en grève depuis plusieurs semaines.
Le léger frisson d’un matin de septembre qui a perdu plusieurs degrés.
Ces têtes et ces cheveux tout emplis (ou en plis) de sommeil.
Ces câlins au creux du cou, qui se veulent rassurants, (mais pour rassurer qui, au final ?)

Il y a cette petite tenue préparée hier au soir, coordonnée pour une fois, qui sent bon le linge tout propre.
Il y a ce cartable « spatial » qui ne demande qu’à être emmené vers le plein d’aventures et de leçons.
Cette impatience qui pointe, dans les yeux de mon fils.
Ce questions qui défilent, et qui se ponctuent inlassablement par « On y va, maman ? »

Cette main, toujours petite et si douce, qui cherche la mienne quand on approche de l’entrée.

Il y a cette nouvelle école, ces nouveaux copains en devenir, cette classe un brin vieillotte  et pourtant pleine de charme.

Cette timidité qui le surprend lui-même au moment de rencontrer sa maîtresse, d’investir sa nouvelle école.

Il y a ce dernier bisou qui murmure « tout ira bien » ‘et là encore, pour qui?). Et la silhouette de mon fils qui s’avance, en lâchant ma main.

Il y a aussi cette petite sœur qui répète depuis :  » Il est où Noah ? » Se retrouvant sans complice, pour quelques heures.

Il y a surtout une maman, qui compose entre inquiétude du premier jour, fierté, mais aussi confiance.

Et joie de retrouver un peu de temps.

Bref, il y a la rentrée des classes.

Paillettes obligatoires

Voilà, les vacances touchent à leur fin, même si la canicule s’attarde (quoique, aujourd’hui, il fait plutôt un temps d’octobre. Comment ça, on s’en fout ?) Et comme chaque parent qui se respecte, je complète peu à peu les affaires de rentrée de mes chers petits, avec application et attendrissement (et un peu d’agacement quand je ne trouve pas ce cahier 17×24. 22 oui, mais pas 24!).

Et un détail me chiffonne. Un détail qui m’avait déjà marqué lors du carnaval au mois de mars, ou finalement, chaque fois que j’ai besoin d’un article précis pour mon fils ou ma fille.

Elsa. Ou Kittie. Ou Minnie.
Elle sont là. Toujours, omniprésentes. Bien mises en avant sur les rayons des supermarchés, des magasins de chaussures, ou de fournitures. Et elles me sortent par les yeux. Même constat lors du dernier carnaval : trouver un costume neutre, mignon, et non pas juché sur des mini-talons pour se prendre pour une princesse à la tresse blonde, s’est révélé une mission quasi-impossible (oui, même pour une enfant de 20 mois!) (j’ai finalement opté pour des ailes de papillon… roses, certes, mais sans visage souriant)(et non je ne sais pas coudre, je t’ai entendu, toi, dans le fond!)

Bref, est-il bien normal d’abreuver nos enfants de marques, de visages marketing avant même qu’ils ne connaissent les personnages en question? Est-il aussi normal de ne leur proposer que deux choix? (La Reine des neiges ou Les Minions? (Semblant dire  : si à 5 ans tu ne te pavanes pas avec l’un ou ‘autre, c’est que tu as raté ton enfance! )).

Même constat dans beaucoup d’enseignes de vêtements : les baskets, les maillots, tout est floqué de princesse pour les fille, de voiture pour les garçons.
(J’ai cherché hier une timbale en plastique en magasin, comme indiqué dans ma liste de fournitures, je n’ai trouvé que Frozen. QUE F***ING FROZEN!)

Qu’on ne s’y méprenne pas : je ne suis pas contre le rose, les princesses, les voitures de courses et tutti quanti. Mais voilà, j’aimerais qu’on laisse l’ imaginaire de nos enfants tranquille, qu’on cesse de les orienter. Ma fille est sublime en rose, mais elle l’est aussi en bleu, en vert, ou en rouge, avec ou sans effigie. Mon fils adore Cars, et il est ravi d’avoir un sac FlashMcQueen, et je suis ravie de lui faire plaisir en lui offrant. Mais j’aimerais que cela reste un choix parmi d’autres design, d’autres références, ou pas de référence du tout. Que ma fille ait le droit de choisir un motif de d’indien ou de princesse, si elle le veut. Que mon fils puisse trouver un polo « violet » s’il le souhaite.

Bref, qu’on soit libérés, délivrés de ce marketing direct. (Et merde)

 

Un peu de cinéma, beaucoup de vin (à moins que ce soit le contraire)

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Telle une adolescente intrépide hier, j’ai fui quelques heures mes obligations du moment (un déménagement et des piges) pour me glisser discrètement dans une salle de cinéma. De ces séances en début d’après-midi où ne se pressent que quelques retraités, et une poignée de cinéphiles, dégustant sans culpabilité un cornet glacé dans la pénombre (sachant tout ce qui se déguste ici, ne rentre pas dans le compteur de calories, c’est bien connu).

Mon choix s’est porté sur le dernier Cédric Klapisch, « Ce qui nous lie », une histoire de frères et sœur sur fond de vignes bourguignonnes, avec Pio Marmaï (rebaptisé par mon subconscient Pio Miammiam), Ana Girardot et François Civil.

Je dois vous le dire tout de suite, je partais déjà conquise. Je suis, comme beaucoup, de cette génération Klapish : « Le péril jeune », « Un air de famille » font partie des films cultes de mon adolescence, « L’auberge espagnole » et ses suites, de mes années d’étudiante. Ses films me parlent, mêlent images, thèmes et musiques qui, je crois, me ressemblent. Et cet opus n’a pas failli à la règle.

L’histoire est plutôt simple : Jean, l’aîné d’une famille de vignerons rentre chez lui après 10 ans de vadrouille autour du globe, lorsque son père est mourant. Il se retrouve alors à gérer le domaine pendant un an avec son frère Jérémie, et sa sœur Juliette, à coups de sécateurs et de dégustations. Et c’est, pour moi, une petite pépite qui est apparu sur l’écran pendant presque 2 heures.

Je ne sais pas ce que j’ai plus aimé : l’art de filmer ce paysage magnifique (des vignes à perte de vue) au fil des saisons dans toutes les lumières possibles, l’art de capturer ce lien familial, ce rapport frères sœur, le noyau dur de l’intrigue avec ses rires, et ses découragements, qui résonnent forcément quand vous venez d’une fratrie, peut être aussi le milieu du vin et des bonnes choses, la terre, (les vendanges, la poêlée de fin de récolte qui me rappellent mes jeunes années, ayant été moi-même vendangeuse en Bourgogne…). Bref, on rit, on pleure, on contemple… Le tout soutenu par un choix musical toujours pointu. (Personnellement, je pense que j’aimerais connaitre Cedric Klapisch avant tout pour copier discrétos sa playlist).

Bref, c’est un vrai petit coup de cœur qui a ensoleillé mon après-midi de grisaille, et que je vous conseille vivement. (J’ai failli écrire « sans modération », mais j’aurais eu l’impression de faire dans la blague facile).

 

 

To be or not to be (pregnant) that is the question

bébéNon non, aucune annonce ne sera faite dans cet billet doux. J’ai deux enfants, j’ai vécu pleinement mes deux grossesses, et n’en prévoit aucune autre (même si mon fils entend avoir 5 frères et sœurs) (cet enfant ne sait pas de quoi il parle).
Mais justement, j’ai toujours été choquée du côté pressé des gens, que ce soit de la famille, des amis proches ou même bien moins proches, qui prennent la liberté de demander en toute innocence (mais avec leurs gros sabots) « Et vous, c’est pour quand ? ». Toi qui as plus de 25 et qui vis en couple, tu vois forcément de quoi je parle, quand ce n’est pas un gros clin d’œil, ou un « dis donc ça te va bien heiiiiin ? » si d’aventure, vous osez porter dans vos bras Célestine, la dernière-née de votre clan d’amis.

Gêne, excuses, ou zapping dans les règles des l‘art (« Tiens, au fait, je dois aller me laver les cheveux ») tout est souvent bon pour éviter de s’attarder sur la question. Personnellement, bien que je sois folle des grossesses de mes copines, et de chaque nouvelle annonce du genre, je ne pose jamais LA question.(sauf si on me tend une perche de 18 mètres de long)
Mais pourquoi ? Parce que ça ne se demande pas, pardi.

Tout d’abord, déjà, parce que si le projet est en cours, ou en préparation, nul doute que le couple en question préfère faire la surprise à son entourage quand il en aura envie, qu’il sera sûr de lui, plutôt que de s’expliquer lamentablement « heu alors oui voilà, donc on voudrait bien, d’ailleurs, j’ai peut être un retard, là, mais en fait je ne sais pas, parce que je ne suis pas toujours régulière, donc si ça se trouve c‘est rien, mais je te donne des news si tu veux »… Soyez patients, refrénez-vous. D’autant plus que lorsque ce sera le cas, la future mère aura du mal à garder son secret pour elle bien longtemps physiquement comme dans son comportement… Donc laissez les couples gérer leur annonce, sans pression. Ils vous remercieront.

Ensuite, parce qu’il y a aussi des raisons, et de très bonnes, pour lesquelles chérubin n°1 n’a pas encore montré l’ombre d’un orteil potelé :

Parce que certains couples n’ont tout simplement pas le projet d’avoir des enfants. Oui, je sais ça semble horrible, contre nature et tout et tout, mais en fait… Pas du tout. On peut tout à fait sentir qu’être parent n’est pas son truc, s’épanouir dans d’autres projets très personnels. Et je vais vous dire, tant mieux. Parce que devenir parent par obligation sociale n’est pas à mon sens la meilleure des motivation et le meilleur départ dans une relation filiale. Reste que leur demander d’expliquer leur choix est aussi indélicat. Est-ce qu’on demande à une femme voulant un enfant pourquoi elle se lance dans cette aventure ? Que non. Pourtant, ça semble un peu plus fou.

Parce que certains couples essayent, et depuis des mois sans succès, de concevoir la prunelle de leurs yeux. Et qu’ils sont fatigués de ne penser qu’à ça, qu’ils culpabilisent de ne pas y parvenir quand d’autres tombent enceints sans même le vouloir, qu’ils cumulent les rendez-vous chez les médecins et spécialistes quand ils n’en sont pas déjà aux fécondations assistées… Et comme ils ne sont pas obligés de tout balancer sur Facebook, il peut être un peu compliqué de répondre avec un large sourire « oh, si on y pense » quand tout son être hurle « mais bordel, je ne pense qu’à çaaaa ».

Et enfin, parce que certains couples ne le peuvent pas. C’est ainsi, ça ne prend pas. Et c’est dur. Je me souviens d’un couple d’amis que je voyais toujours proche des enfants de leur entourage, maternant, gâtant neveux et nièces. Mais je ne voyais jamais le ventre de mon amie s’arrondir. Je n’ai jamais posé la question, parce que la réponse était là, évidente. Et je crois n’avoir pas vu maman plus heureuse, lorsqu’elle a annoncé en photo l’arrivée de son petit gars, adopté, qui a enfin comblé le vide qui lui vrillait le ventre.
Bref, pour toutes ses raisons, si j’avais un conseil à donner, ce serait de rester à l’écoute, rester bienveillant, présent. Mais de ne pas insister. Pour le coup, bébé ou non bébé, c’est une histoire qui se passe à l’intérieur. 

Retrouver son calme (dans la tourmente)

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Mea culpa. J’ai été absente, et pas qu’un peu.

Non, je n’ai pas du tout perdu l’envie d’écrire pour ce blog, mais, comme cela peut arriver parfois dans la vie, je traverse une période de petits bas, de doutes quant à mon avenir et celui de nos enfants (où il est question de mutation, de changements inattendus, d’organisation et de perte de repères….Bref, une période funky banana).

Suivi d’un accident de voiture, mon premier, celui qui laisse un goût amer de peur et de colère mêlées que vous ignoriez avant. J’ai donc connu ce sentiment désagréable, (une fois m’être assurée que personne n’était blessé (sauf peut-être ma confiance, grande victime de cette affaire)) de revivre pendant des jours l’événement seconde par seconde, d’imaginer ce que j’aurais dû ou pu faire pour éviter la collision. Et, chose inutile mais incontournable, de me torturer avec des « et si ça avait été grave, si j’avais blessé mon enfant…? ». Saupoudrez tout cela d’une période électorale assez stressante et inédite et vous obtiendrez un mois d’avril disons intense. Émotionnellement parlant du moins.

Et après? Et bien après, ces quelques jours m’ont montré que malgré mes 36 années d’expérience, je réagissais toujours comme une merde ado de 15 ans face aux épreuves stressantes de la vie (= petites crises de larmes, réactions démesurées, stress accru, et grand n’importe quoi). Rien à voir avec la personne emplie de sagesse, de flegme et de recul que j’aimerais être. Vous savez, le genre de femme bienveillante qui pose un regard apaisant et confiant sur l’avenir. (Le genre qui énerve, en fait).

L’avantage, car il y en a toujours, c’est que depuis, je suis en mesure de vous présenter quelques méthodes qui fonctionnent pour calmer ses nerfs, du moins temporairement. Et je me dis que si ça m’est utile, ça peut l’être aussi pour vous. Foi de névrosée.

Bouger

Parce que quand les pensées se bousculent, j’ai tendance à croire que le corps se crispe et que les idées deviennent également étriquées. Dans les faits, j’ai ressenti le besoin de me dépenser, de ressentir mon corps, d’être dans le physique plus que dans l’affect.

Réaliser une tâche simple

Que ce soit ranger un placard, faire une tarte aux pommes, passer la tondeuse…. qu’importe! L’avantage est de réaliser une chose constructive sur laquelle nous concentrer, et qui peut être terminée en une heure ou une après-midi. Enfin, voilà l’occasion d’avoir agi.

Lire

Chez moi, c’est un peu un remède à tout. Dans une société où tout est devenu zapping (les sites, les statuts, les infos), se poser même 5 minutes au calme et lire un article en entier, ou quelques pages d’un roman, amène une tout autre temporalité, et fait du bien. (En plus de nous emmener ailleurs en quelques lignes).

Méditer

Non, je ne vous parlerai pas de chakra ou de pose yoga. Je suis bien trop novice (et je ne suis pas Gisèle Bundchen, surtout) mais abonnée depuis peu à des petites applis, telles que petit Bambou ou Namatata qui proposent d’utiliser pour une fois son smartphone à bon escient pour 5 ou 10 minutes de respirations, de calme, de pleine conscience. Et de nous faire un peu redescendre de nos tours.

Sortir dans un lieu neutre

Cela peut sembler tout bête, et parfois une perte de temps, mais aller voir une connaissance, aller s’acheter une blouse, ou marcher dans un parc a un petit effet « diversion »qui n’est pas négligeable. Une parenthèse nécessaire parfois.

Se confronter à plus grand

La nature, l’océan, la montagne …. si vous avez l’occasion de vous confronter à l’élément naturel, je trouve pour ma part que ça remet bien les curseurs en place.

Dormir

Facile à dire, je sais, mais ne pas rogner sur ses heures de sommeil est encore la meilleure façon de garder un semblant de réflexion. Je le sais, après plusieurs nuits découpées, je suis capable de m’énerver en mettant la table. Une nuit complète et je redeviens douce comme une agnelle.

Et vous, vous avez des armes secrètes en cas de pétage de plomb en bonne et due forme?