La marque de la culotte

IMG_20170308_145718Comme vous le savez tous, (à moins de vivre dans une tanière et de ne bénéficier d’aucun moyen de communication, tant toutes les émissions font aujourd’hui leur beurre sur l’événement) aujourd’hui est le 8 mars, soit la Journée internationale du Droit des Femmes.

Un vaste programme qui ne permet pas, messieurs les publicitaires, d’avoir particulièrement envie d’un rouge à lèvres ou de 20% sur un épilateur. Non. En revanche, si vous aviez des tuyaux pour gagner autant que les hommes, avoir autant de droits ou de choix, et ne pas être obligée de se justifier dans certaines situations, ça serait bien urbain. (Et encore, je ne suis pas Iranienne).

J’arrête ici sur le sujet, parce que si j’adore me renseigner, me cultiver, me livrer au débat, je ne pense pas être la personne la plus pointue sur le sujet ce jour-ci, au vu des tribunes argumentées que vous trouverez sur le réseau (je viens d’ailleurs de lire des articles de Nadia Daam, que j’aime depuis encore plus) .  Ou encore en visionnant la vidéo de Chimamanda Adichie au TEDx « pourquoi nous devrions tous êtres féministes ». Faites vous plaisir.

En revanche, je voulais une fois de plus vous parler de livres qui, #oh wait, tombent relativement à pic dans le sujet (la vie est bien faite).

Parce que je viens justement de terminer les deux tomes de « Culottées« , de la génialissime Pénélope Bagieu. Un cadeau personnel que je me suis fait après Noël, tant ils me faisaient de l’œil. Deux tomes donc, qui racontent l’existence de femmes « qui ne font que ce qu’elles veulent » comme le dit le sous-titre. Malgré la pression, les sillons qu’on a tracés pour elles, les us et coutumes, les conventions… Il y a malgré tout des femmes qui ont tout fait pour vivre leur passion et leurs convictions comme le seul chemin possible pour elles. Exploratrice, guerrière, actrice, rappeuse, gynécologue ou astronaute, la dessinatrice sans doute la plus cool du moment nous livre 15 portraits dans chaque tome de femmes qui ne renoncent jamais. C’est inspirant, intéressant, et en plus drôle, puisque l’auteur manie la dérision dans des petits phrases et certains traits qui nous font passer le message avec le sourire. Avec cette question qui revient en tête à chaque page « et moi j’aurais fait quoi? » (et sa variante « et moi je suis prête à quoi? »).

Dans le même esprit, j’en profite également pour présenter un petit livre, peu connu, mais très inspirant aussi, offert par une amie (qui me connait bien) « Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses« . Car oui, figurez-vous, les femmes ne veulent pas toutes devenir des Kate ou des Kim. Et ce livre est une baume au cœur qu’on devrait mettre dans les mains de toutes les écolières, rien de moins. Il décrit en effet plusieurs métiers, à tort associés aux hommes, dont pourraient aussi rêver bien des fillettes audacieuses : agent secret, grand reporter, aviatrice, physicienne, voileuse, et j’en passe… Et pour bien enfoncer le clou, chaque métier est illustré par une femme d’aujourd’hui mais également une pionnière de la discipline. Comme quoi, qu’on se le dise, ceci n’a rien d’une tendance.

Je sais en tout cas le discours que je tiendrai à ma fille.

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Ma dernière lecture

 

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J’ai ouvert hier un livre que je n’avais pas choisi. Je n’y étais pas forcée non plus, j’ai simplement commandé, il y a quelques mois, une « box » livresque (billet à venir sur ce concept tellement cool) dont l’instigatrice-libraire proposait d’envoyer un titre en accord avec mes goûts.

J’ai reçu un petit livre, de 120 pages, Ici ça va, de Thomas Vinau, un auteur inconnu au bataillon pour ma part. Livre que j’ai laissé reposer sur une étagère quelque temps. (Il faut dire que ma PAL est assez conséquente.(PAL= pile à lire pour les novices))

J’ai donc remis la main sur ce petit poche hier, et grand bien m’en a pris. Thomas Vinau maîtrise les mots avec une simplicité rare, et son livre est un véritable petit coup de cœur, qui se lit vite, certes, mais qui ne s’oublie pas.

L’histoire, s’il y en a une, c’est celle d’un homme et de sa compagne qui viennent s’installer dans la maison d’enfance du narrateur après un traumatisme dont on ne sait pas grand chose (et peu importe au final). Une maison à l’abandon en plein campagne, près d’une rivière, dont il faut après des années ré-apprivoiser l’âme, repeindre les volets, redonner vie en même temps que les deux personnages réapprennent les petits plaisirs simples du quotidien.

Mais la lumière de ce livre n’est finalement pas dans « l’intrigue » a proprement parlé, mais dans le style. Chaque page évoque une impression, une découverte, un ressenti, avec des phrases simples, courtes et pourtant si parlantes. Chaque phrase nous plonge dans une sensation, au coeur des émotions du narrateur : le soleil qui chauffe les épaules, le vieux coffre dont on ouvre parfois le couvercle pour retrouver des souvenirs, la cabane au fond du jardin, le bruit de l’eau…

Une lecture comme une respiration, que je vous conseille pour vous évader à la table d’un café, sur un banc dans un parc, quand  une envie de simplicité vous saisit.